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La Reculée

Chambres d'hôtes à la ferme

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 Notre voyage de noce (1)

Raymond et Marie-Thérèse Morizeau se marièrent le 27 novembre 1948

à Prouais (Beauce, Normandie, France)

     Depuis bien longtemps ce voyage est programmé pour une durée de huit jours. Une occasion unique de prendre ensemble nos premières vacances. Enthousiastes, nous acceptons l’invitation de Robert et Nikou, qui nous proposent de venir passer ces congés chez eux. En joignant l’utile à l’agréable, ce sera l’occasion de découvrir une région différente de la nôtre. L’économie de ce pays lorrain est constituée d’un sous-sol riche en charbon de qualité supérieure. Robert, promu ingénieur des mines, est affecté au poste de responsable de la sécurité au bassin minier de Faulquemont, en Moselle, qui dépend du siège de Merlebach.

Avant d’arriver chez le frère de ma femme, notre pérégrination s’échelonne en deux étapes. 

1ère étape chez des cousins parisiens avec une invitation surprise pour voir un challenge de boxe, catégorie « Poids Coqs » au Vélodrome d’Hiver. 

(…) En rentrant dans ce grand hémicycle, nous observons une salle à demi-pleine, composée de jeunes surexcités. Le vacarme atteint son paroxysme quand les boxeurs montent sur le ring. Avec violence, le combat commence. Bientôt l’un des adversaires tombe KO. Aussitôt l’arbitre entame le compte à rebours en frappant de sa main sur le sol. Quand soudain, mû par un puissant ressort, d’un seul bond le boxeur reprend sa place de décochant de violents crochets de son poing droit. Les hurlements des supporters nous font froid dans le dos : du sang ! du sang ! du sang !

Décidément depuis vingt siècles le monde n’a pas changé ! Ce spectacle rappelle étrangement les jeux du cirque de la Rome antique où, pour satisfaire une populace assoifée de sang, on jetait les chrétiens aux lions.

Voyant notre dégoût pour ce spectacle barbare, notre cousin, fort contrarié par ce match, nous entraîne vers la sortie. Rentrés à l’appartement en silence, nous souhaitons bonne nuit au cousin Paul. C’est dans un divan déployé dans la salle à manger que nous allons dormir et reprendre des forces.

Demain à 8h30, gare de l’Est, nous prendrons le train en direction de Remiremont via Lure. 

                             Etape technique à Lure 

         (…) Voilà deux heures que le voyage se poursuit en direction de l’Est. Soudain, les voyageurs notent un ralentissement du convoi. Nous approchons de la gare de Lure où un arrêt de dix minutes est prévu. Les panneaux défilent puis, après un freinage suivi de secousses brutales, le convoi s’immobilise. Sur le quai un employé s’égosille :

-   Les voyageurs en transit pour Remiremont, Epinal, Nancy et Metz descendent de voiture. Deux heures d’attente.

Mettant à profit ce délai imprévu, nous choississons de visiter cette petite ville de Haute-Saône encore marquée par les affres de la guerre. Des maisons sont détruites, les chaussées en triste état et beaucoup d’ouvrages du génie civil sont remplacés par des barquements. Tranquillement, en revenant vers la gare, nous passons devant le cimetière. Poussant la porte, nous entrons. Intrigués par un drapeau fixé au bout de sa hampe et battant au vent, nous sommes impressionnés par l’importance de la section militaire de cette nécropole où reposent, derrière leur croix de bois, des morts pour la France de 14-18 et de 39-45.

Au libre service du buffet de la gare, nous achetons deux bons sandwichs que nous dégustons de bon appétit en savourant, par petites gorgées, un café bien chaud.
        Entré en gare, le train en partance pour Metz, attend les voyageurs. Pressant le pas, nous trouvons des places assises dans la voiture de tête.
        Au coup de sifflet strident du chef de gare, les portes claquent et le train s’élance vers notre prochaine station : Remiremont, le pays de Bernard Couval.
                           
2ème étape, 3ème étape, 4ème étape

                      Raconté par Raymond Morizeau (posté le 20-06-2008)