9 Fotos que valen más que palabras Cuéntame tu viaje
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Cap Vert: La pêche miraculeuse
Photos: Manon Rivière Sur une plage de sable fin, battue par un vent surpuissant, quelques barques rentrent de la pêche. Une pêche miraculeuse. Des thons, des espadons, des poissons énormes. On comprend qu’il suffit d’en pêcher un ou deux de cet acabit pour pouvoir gagner sa croûte convenablement. Les pêcheurs de Sao Pedro ne ressemblent pas à ceux que j’ai pu voir sur la côte ouest-africaine. Des pêcheurs usés avant l’heure par des conditions de travail et de vie éprouvantes. Ici, rien de tout cela ne transparait. Sao Pedro est une petite bourgade colorée, à quelques kilomètres seulement de la « capitale » de l’île de Sao Vicente, Mindelo. Il semble y faire bon vivre. Entre mer et montagne. Plusieurs étrangers ont d’ailleurs décidé de poser ici leurs bagages. Soit pour leur retraite dorée, comme Luigi, un Italien fort sympathique (cheveux blancs au vent sur son vespa jaune canari), soit pour tenter un buisines, comme Jean-Marc, (un Français au crane rasé, style « j’ai fait l’Afrique, moi ! ») qui vient d’ouvrir un petit troquet poisseux sur le bord de plage. Nos pêcheurs capverdiens ne ressemblent donc pas à leurs confrères de l’autre rive. Leur attitude et leur prestance les feraient plutôt passer pour des chanteurs de rap que pour des marins lessivés par leur labeur. On dirait presque qu’ils pêchent en dilettante, pour passer le temps… Les femmes du village, vêtues de petits tabliers à la mode portugaise, attendent patiemment le poisson, adossées sur les barques chamarrées. Un aluguer, sorte de mini-bus faisant office de taxi collectif au Cap Vert, attend plus en amont. Son conducteur, un jeune homme aux biceps développés, calque son horaire de départ vers Mindelo en fonction des pêcheurs. Une fois éviscérés sur le sable, thons, espadons et autres espèces, sont péniblement hissés sur le toit de la camionnette. Le sang coule sur les vitres du mini-bus. Ce qui ne semble gêner personne. Après trois quarts d’heure d’attente -passés à observer avec avidité cette scène de vie capverdienne-, nous reprenons la route de la « capitale ». Première escale au marché de Mindelo pour y déposer les cargaisons de poissons. Débités immédiatement, ils seront servis le soir même chez Cathie, dans l’un des meilleurs restaurants de la ville.
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