9 Fotos que valen más que palabras Cuéntame tu viaje
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L'ami indien
Jérôme (à gauche) et Edwin (à droite)
Quand les indiens deviennent tes amis, il faut faire attention. Ou se
laisser aller ? Tu oscilles entre toi-même et ton autre toi qui s'est
peu à peu dessiné. Entre tes racines et des feuilles étrangères qu'ont
poussé. Avoir un ami indien, c'est se marrer des différences et des
paradoxes:
L'indien quand il est ton pote, il est pas pressé: il arrête de te
pousser du coude et de foncer tout droit vers le guichet des trains, de
la poste ou des magasins, avec son bifton tout prêt a la main. Relax et
civilisé. J'éclate de rire aussi, à tort apparemment, devant une bande d'indiens absorbés, devant un film malayalam et il me le fait remarquer : "Mahalal, Mamoudi" - des noms rigolos, non? - sont des stars pour nous, on les adore, on les respecte. Moi je vois deux guignols dans un film de baston bidon et mal cousu, mais qui mérite l'oscar du bruitage pif paf pang dans les dents.
L'ami indien, il te dit souvent "don't worry" et est le premier à
s'inquiéter ou à arriver 1heure à la bourre au quai de gare quand il
vient te chercher. Ton copain indien, il te ressert dans ton assiette, il s'assure que tu manques de rien, il te laissera jamais à la rue, à poil ou mourir de faim, ou dans n'importe quelle galère, d'ailleurs, exception à la règle: même si c’est pas ton pote, l'indien il t'aide. De toute façon, même si il sait pas où est l'endroit que tu cherches, il préfère t'envoyer dans une fausse direction que nulle part, ça c'est connu. L'indien, si tu te laisses aller, il commence à te prendre par la main ou le petit doigt. C'est son truc. Attention, ça a pas du tout le même sens que chez nous. Mais je ne suis pas indien. Je suis... moi. Alors : moi ou l'autre moi? A part ça, là où il est vraiment un super pote: plus qu'hospitalier et carrément effacé, il troque son lit contre un tapis de paille quand il dort avec toi. Si t'as le malheur de te mettre par terre à côté de lui ou de lui rendre son lit, il t'engueule et va te sous-entendre: "non non, t'es mon invité, t'es mon dieu." Toi tu te dis "merde, j’suis le blanc, je suis le colonisateur". L'indien, si il fait partie du staff d'un hôtel et qu'il est ton cuisto, il te fait réaliser que toi t'es vraiment pas indien: le stage que tu t’es payé sert à donner les 4 salaires à lui et ses collègues et grâce à ça il va se taper des tchaï avec toi. Là tu te dis "je suis un richou" et ça te fait froid dans le dos. C'est un peu tout ce « masala », comme ils disent, c'est un peu tout ça l'ami indien.
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