Catalogne: la Selva en automne

Si
l’on en croit les statistiques, un catalan sur
trois est un caçador de bolets
(un "chasseur de champignons"). La cueillette des
champignons est donc une sorte de sport national. Avec
les sols humides et les couleurs fauves, les
amateurs de chasse aux trésors gastronomiques se
multiplient et avec eux les risques
d’intoxication.
Il s’en suit une avalanche de
recommandations sanitaires et de rappels à la
prudence. Il est dangereux de croire, par
exemple, que les escargots ne mangent que des
champignons qui ne sont pas toxiques.
Attention
à la pluie qui peut décolorer ou au contraire
raviver les couleurs de la nature et par
conséquent dépister les néophytes.
Les experts
ne sont pas à l’abri des erreurs étant donné
l’évolution des connaissances mycologiques. Le
chevalier (tricholome équestre) en est la
preuve : considéré comestible il y a quelques
années, il est désormais catalogué parmi les
espèces à éviter car les dégustations
rapprochées ou volumineuses peuvent nuire à la
santé des plus gourmands.
La
Catalogne est suffisamment variée pour trouver truffes, bolets
et cèpes en tout genre. Entre la mer et la montagne, la comarque
de la Selva porte le nom d’une grande forêt qui a laissé bon
nombre de massifs boisés. Côté montagne, il y a le Montseny, le
Collsacabra, les Guilleries, le massif des Cadiretes et le
Montnegre; côté mer, on connaît mieux Blanes, LLoret et Tossa
de Mar méconnaissables après le reflux touristique.
C’est la
bonne époque pour goûter les plats locaux à base de poissons et
de champignons, et aussi d’autres saveurs plus contrastées comme
le pigeon à la morue, la langouste au poulet, les pieds de porc
aux escargots, le chèvre de mer, le riz aux anchois ou le mouton
aux poires. De quoi guérir les scléroses gustatives.
En
plus des belles balades en quête de champignons, la forêt offre
profusion de châtaignes. Ça sent bon les marrons chauds à
Arbucies pour la Fête du Flabiol. Les géants d’Arbucies
assistent bien sûr au bal et on peut les voir danser au son du
flabiol.
Cousin germain du galoubet provençal et du txistu
basque, cet instrument de musique est une petite flûte à huit ou
neuf trous qui se joue de la main gauche pendant que la main
droite manie le tambourin. Il produit le son fort et strident
qui marque les contrepoints de la sardane et qui invite à faire
un petit tour du côté de la Selva.
Copyright texte et photo: Nelisa
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