La
Garrotxa: Au coeur des volcans catalans

Entre Olot et
Santa Pau, le Parc Naturel de la Zone Volcanique
de la Garrotxa est parsemé de cônes verdoyants
et de cratères rassurants qui se laissent
chatouiller par des visiteurs lilliputiens
Dimanche, huit heures du matin. Un énorme
ventilateur portable souffle dans le ventre
d’une montgolfière qui, au fur et à mesure
qu’elle s’enfle, affiche son slogan de plus en
plus gros : "La Garrotxa, terre d’accueil".
La grosse goutte d’air prend forme dans une
clairière entre le cratère du Croscat et le
volcan de Sainte Marguerite. Le silence
dominical est rythmé par les aboiements des
chiens qui s’énervent chaque fois que les
brûleurs donnent un petit coup de pouce au
ballon géant qui s’élève tout doucement. Juste
avant que le vent ne les fasse dériver, les
passagers de la nacelle ont le temps
d'apercevoir la minuscule chapelle de Sainte
Marguerite nichée au fond du cratère.
Un autre groupe matinal est déjà en route sur le
sentier qui descend dans le cône à moitié
recouvert de végétation. L’accès est
incroyablement facile. C’est l’idée qu’on s’en
fait qui donne le vertige : marcher en famille
dans la gueule béante d’un volcan endormi
provoque un agréable frisson. Que ce soit du
ciel ou à ras du sol, on remarque facilement les
surfaces grisâtres formées par l’accumulation de
lapilli. Plus grosses que la cendre et moins
volumineuses que les bombes volcaniques crachées
par les volcans au cours des éruptions de type
strombolien, ces projections ont des qualités
d’absorbion exceptionnelles, que les hommes ont
su exploiter. Les surfaces bitumées du circuit
automobile de Montmeló en sont une preuve.
Ce qui reste des coulées de
lave est actuellement protégé par les lois sur
l’environnement, mais bien avant le réveil
écologique de la Catalogne, un collectionneur
local, Casimir Port, avait eu le temps de
ramasser des kilos de roches volcaniques dans la
vallée de Santa Pau. Peu à peu, il les a
rassemblées, superposées ou collées pour en
faire des œuvres d’art qu’il expose dans un
musée de Santa Pau, un charmant village médieval
planté au beau milieu du Parc Naturel de la Zone
Volcanique de la Garrotxa.
L’œuvre est sans prétention mais absolument unique en
son genre. Casimir Port forgea son sens
artistique au début du siècle passé dans les
ateliers d’imagerie religieuse d’Olot, la ville
la plus importante du Parc. Reconstruite après
les tremblements de terre du XVe siècle, Olot
héberge le Centre des Volcans qui se visite
avant ou après les parcours en pleine nature.
Cela dépend de si vous préférez voir in situ et
comprendre après coup, ou si vous jouissez
d’avantage d’un paysage lorsqu’on vous en a
expliqué la généalogie avant de vous le montrer.
Depuis le Centre des Volcans, un itinéraire urbain mène
au sommet du cratère de Montsacopa aligné sur
les volcans de Garrinada et Montolivet. C’est
plus terre à terre que la montgolfière mais tout
aussi valable pour embrasser visuellement la
zone volcanique de la Haute Garrotxa.
Quelques
détails pratiques :
- Les vols en montgolfières sont
organisés par la compagnie Vol de Coloms (www.voldecoloms.com
).
- Des promenades en calèches dans la forêt de
hêtres La Fageda commencent au km 7 de la route
entre Olot et Santa Pau.
- Un détail de plus pour vous mettre l’eau à la
bouche : la Garrotxa s’est spécialisée dans la «
cuisine volcanique » élaborée à partir des
produits du cru tels que sanglier, escargots et
fesols (haricots) de Santa Pau.