Catalogne: La Costa Brava

Entre Blanes et la frontière française, la Costa
Brava est parsemée de villages qui ont grossi
avec le tourisme et de petites criques
accessibles par la mer. Depuis l'an 2006, il est
possible d'explorer ce paysage sauvage ponctué
de jolies plages sur des goélettes turques qui
mouillent dans les eaux du littoral catalan.
Le Cap de Creus, le point le plus oriental de la Péninsule
ibérique, est extrêmement abrupt : ses hautes falaises
mouchetées d’écueils sont dénudées par l’érosion ; ses eaux
profondes foisonnent d’îlots ; et ses calanques aux eaux
transparentes ne sont bien souvent accessibles que par la mer.
Certaines des roches proches de Cadaqués dessinent des
formes animales qui sont devenues mythiques, comme l’aigle de
Tudela, le lion du Cap Gros ou la roche de l’île de Culleró, qui
aurait inspiré Dalí dans "Le Grand Masturbateur". Entre le golf
de Roses et les Iles Medes, un bout de littoral mérite même le
nom de Côte de la Mort. Plus au sud, la mer et la montagne
embrassent de petits villages de pêcheurs entourés de sable
doré.
Les calanques de Begur -Sa Riera, Aiguafreda et Sa
Tuna- ou celles de Palafrugell -Tamariu, Llafranc et Calella-
sont incontournables si l’on veut comprendre l’essence de la
côte de Girona. Noyés entre les pins, des chemins de ronde
autrefois utilisés par les contrebandiers et les garde-côtes ont
été récupérés au bénéfice des randonneurs. Les plus fréquentés
flirtent avec le jardin botanique de Cap Roig et avec le phare
de Sant Sebastiàn, qui se dresse à 167 mètres au-dessus du
niveau de la mer, là ou s’élèvent le sanctuaire baroque et
l’hôtellerie du même nom. Ces chemins balisés qui longent les
calanques relient toute la partie de la côte qui va de S’Agaro à
Sant Feliu de Guíxols.
Sant Feliu de Guíxols est devenu le port d’attache
d’une petite armada de goélettes qui proposent depuis peu des
sorties régulières pour des séjours plus ou moins longs. Plus
besoin d’avoir un ami capitaine pour se sentir une âme de
corsaire le temps d’un week-end. Les navires inspirés par des
voiliers turcs du XIXe siècle sentent bons le bois vernis, la
cuisine conviviale et la bière internationale.
Les grands voiliers naviguent du Cap de Creus jusqu’aux
remparts de Tossa de Mar, où se niche un musée municipal qui
abrite une œuvre de Marc Chagall. Mais si les excursions à terre
sont possibles, les marins d’eau salée et leurs épouses -les "bleues
marines"- ainsi que leurs petits mousses, préfèrent souvent la
baignade et les bains de soleil entre le carré et le gréement.
Les courtes navigations invitent à hisser les voiles, barrer le
bateau et mouiller l’ancre selon l’humeur du temps. Bon vent à
tous!
Copyright texte
et photo: Nelisa
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