9 Fotos que valen más que palabras Cuéntame tu viaje
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Pique-nique dans la neige
La régularité de notre respiration scande notre progression. Les amérindiens avient pour coutume d’entreprendre leurs expéditions au son d’un tambour qui amplifiait les palpitations du coeur et remplissait le bois d’une grande pulsation humaine. Tel un indien, Greg Rushton, notre guide, porte des bottes en peau de caribou célèbres pour leur flexibilicé et leur imperméabilité. Il nous avait recommandé la veille de porter des vêtements amples et aérés. “La sueur est le pire des ennemis” avait-il précisé, “si la transpiration ne peut pas s’évaporer, elle se condense sur la peau et fait baisser la température du corps qui se congestionne.” Nous sommes à la porte du parc canadien de l’Algonquin, au coeur de la province de l’Ontario, entre les lacs de Kawagama, Raven et Bays. Toronto se trouve a deux cent cinquante kilomètres, pas plus, et pourtant, on échappe déjà à la civilisation. Greg propose une halte pour prendre le thé. Il rassemble rapidement quelques branches mortes et des écorces sèches, degage un petit coin abrité du vent et allume un feu avec autant de naturel que s’il était dans sa cuisine. Il nous déconseille de boire la neige fondue qui procure une eau dépourvue de toutes propriétés minérales. Il a pensé à apporter une réserve d’eau, des herbes naturelles pour l’infusion, des sandwiches de pain intégral au fromage et au céleri, et des fruits secs concassés que nous grignotons avec délice. Il fait alors une entaille dans le tronc d’un érable qui laisse échapper sa sève claire comme de l’eau de roche. En tombant dans la beige, la précieux liquide se cristallise et se transforme en une boisson glacée, très sucrée, qui se sirote avec une paille. C’est ce que les indiens appellent “la sève de la lune noire”. On en récolte de grosses quantités au printemps, à l’époque où un seul arbre en fournit quarante litres en une nuit. Une fois distillé, il prend la chaude couleur caramélisée du sirop nacional. “Il ne faut pas négliger les petits plaisirs”, explique Greg, “un corps heureux, plein de chaleur et bien alimenté est le meilleur antidote contre la fatigue.” Il aimerait nous transmettre sa philosohie de la vie: jouir de l’effort, supporter la difficulté avec enthousisasme, faire face à l’inconnu et vaincre l’angoisse pour surmonter ce que nous imaginons être des limites infranchissables. Il est convaincu que si nous parvenons à vaincre l’hiver, nous serons capables d’affronter les obstacles professionnels ou sentimentaux de la vie quotidienne. Copyright texte et photo: Nelisa |
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